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Compte rendu sortie Verdun Projet 14-18 (10 mars 2016)

mardi 31 mai 2016


Compte-rendu de notre sortie sur les champs de bataille de la Grande Guerre

La sortie du jeudi 10 mars 2016 à Verdun a été pour moi une sortie très intéressante et très instructive.

Le Mémorial de Fleury
Après 2h30 de route dans une bonne ambiance, nous avons visité le Mémorial de Verdun. J’ai été très impressionnée par ce magnifique musée, très moderne car récemment rénové. J’ai vu beaucoup d’expositions intéressantes, notamment des armes de guerre, des uniformes de soldats et des avions suspendus. Il y avait des surfaces de guerre refaites sur lesquelles on pouvait marcher grâce à des surfaces en verre. On a vu la nourriture que les soldats pouvaient parfois manger, les véhicules qu’ils avaient et également des lettres retrouvées.

L’Ossuaire de Douaumont et la nécropole nationale
Ensuite, nous sommes allés à l’Ossuaire de Douaumont sous lequel il y a les os des soldats dont on n’a pas retrouvé l’identité. A l’intérieur il y a les noms des soldats disparus dont on n’a pas retrouvé le corps gravés sur les murs et sur des cercueils vides. En face, on a la nécropole nationale de Verdun, rassemblant les tombes de plus de 14 000 soldats français : qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, ils ont tous combattu pour la France.

Le Fort de Vaux
Un peu plus tard, nous sommes allés visiter le fort de Vaux, le fort de Douaumont étant fermé temporairement pour travaux. Ayant reçu beaucoup d’obus, il n’a malgré tout que peu été transpercé. Le fort de Vaux a été construit de 1881 à 1884. Il est fabriqué de béton armé et d’acier, le rendant presque indestructible, et comporte trois étages. Le fort mesure 350 mètres de longueur sur 150 mètres de largeur.
Il est composé de dortoirs comprenant des lits superposés pouvant accueillir quatre soldats par lit, couvert seulement d’une paillasse. Les aérations du dortoir n’ont pas été utilisées durant la bataille pour ne pas laisser entrer les gaz asphyxiants. Les soldats étaient éclairés à la bougie jusqu’à ce que les Allemands s’emparent du fort et y installent l’électricité. Il y a de nombreux couloirs appelés « chicanes », servant à se protéger lors des attaques. Il y a aussi un poste d’infirmerie, le bureau du commandant, un colombier qui est un poste où les soldats envoyaient leurs lettres en cas d’urgence en les attachant à des pigeons. Il y avait aussi un central téléphonique pour les communications normales. Le fort est très humide et les odeurs désagréables se mélangent. Les murs du fort à l’intérieur sont composés de pierre et la moisissure s’est installée au fil des années. Il n’y avait pas beaucoup de toilettes et il y fait froid. Sur le toit du fort se trouve un fortin avec des tourelles sur un terrain cabossé dû aux bombardements. Les soldats défendaient le fort avec des canons fixes bien protégés par de petits trous dans les murs (casemates). Les obus venaient directement du sol avec un système d’ascenseur à la main qui ravitaillait les canons.
Normalement prévu pour accueillir 300 soldats, il s’en trouvait plus de 600 lors de l’attaque allemande de juin 1916, dont le commandant Raynal et le capitaine Tabourot. Les conditions de combat furent désastreuses. Après avoir encerclé le fort, les Allemands, n’avançant que de vingt mètres par jour pendant une semaine, prennent le fort, malgré la lutte à mort des Français. Joffre a fait enlever tous les canons du fort diminuant sa défense. Finalement le fort de Vaux est repris aux Allemands dans la nuit du 2 au 3 novembre 1916.

La Butte de Vauquois
Après avoir mangé dans le parc de Verdun, nous avons visité un impressionnant lieu de combat : la Butte de Vauquois. Lors de la Grande Guerre, le petit village de Vauquois fut anéanti par les conflits intenses qui s’y déroulèrent. Vauquois a la particularité d’avoir subi la « guerre des mines ». Le combat opposait les Français contre les Allemands dont le but était de creuser des galeries ayant comme objectif de faire exploser une chambre de mines de plusieurs tonnes, formant un cratère (« entonnoir »). L’explosion engendrée est assez puissante pour pulvériser les soldats aux alentours. Les soldats ne faisaient exploser la chambre de mines qu’après quelques temps (parfois des mois) afin de faire le plus de victimes.
Le 14 mai 1915, les sapeurs pompiers de Paris sont appelés sur le front pour tester l’utilisation d’une nouvelle arme : le lance-flamme. Ces pompiers ont été appelés car ils étaient plus aptes à maîtriser le feu. Tout se passait plutôt bien jusqu’à ce que le vent tourne et que les flammes se retournent sur leurs lanceurs, causant des morts. Une stèle a été érigée pour leur rendre hommage.
Le 16 mai 1916, une mine allemande de 60 tonnes explosa, créant un cratère de 25 mètres de profondeur, les pionniers allemands ayant mis six mois pour le créer (deux mois de creusement de galerie, un mois de pose des charges et trois mois de silence pour tromper les Français). De part et d’autres des entonnoirs se trouvent des tranchées françaises et des tranchées allemandes. Les tranchées allemandes étaient mieux organisées et plus solides (bétonnées) car elles étaient faites pour rester et se défendre. Alors que, côté français, les tranchées étaient moins bien faites car elles n’étaient que temporaires.

La Main de Massiges
Pour finir la journée, nous sommes allés sur le site de Massiges. Le site de Massiges a pour surnom « La main de Massiges » car le territoire des combats a pour forme une main. Ce sont les troupes coloniales qui ont combattu à Massiges, notamment en 1915, ayant leur centre de recrutement à Paris, Marseille ou Cherbourg. 30 % des soldats combattant à Massiges étaient des paysans.
Les premiers combats ont lieu en septembre 1914 avec les Allemands venant de Belgique et des troupes françaises ne devant plus reculer. Le 14 septembre 1914, les Allemands se sont retranchés sur une colline appartenant à la « Main de Massiges ». Le 3 février 1915, les Allemands font sauter une mine avant d’occuper le site. La principale attaque française a lieu fin septembre 1915. Les armées se fixent avant que les Américains ne libèrent le site en juillet 1918. Près de 12 millions d’obus ont été tirés sur la « Main de Massiges », principalement à partir du canon de 75 français, tirant 25 obus par minute.
Les tranchées ont commencé à être rénovées lors de l’hiver 2009 par l’Association « La Main de Massiges », notamment grâce au maire de la commune, Pierre Labat, ancien artilleur et excellent guide. Avant de rénover les tranchées, il y avait un champ de maïs. Dans ces tranchées rénovées, on a pu retrouver des munitions, des paquets de pansements, des armes, des couteaux, des pelles, des semelles de chaussures ainsi que des plaques de tireurs allemands. Des corps de soldats ont été aussi découverts lors de la remise en état des tranchées. A la fin de la visite, le guide nous a expliqué le fonctionnement d’un centre de secours. Si les soldats avaient la force de marcher, ils pouvaient se rendre au centre de secours. Sinon, à cause d’une blessure trop grave, ils mouraient dans les tranchées. Une fois à l’ambulance, les soldats étaient soignés et si c’était trop grave, ils étaient envoyés dans les hôpitaux les plus proches pour avoir une chance de guérir.
Nous avons pu visiter des tranchées allemandes et françaises ce qui était bien puisque nous avons pu vraiment voir les conditions dans lesquelles les soldats étaient toute une année : ça nous donne une autre image des tranchées que celles que nous avons dans nos manuels. De plus, nous avons eu la chance d’avoir un super guide (maire du village) qui nous a raconté des anecdotes sur la guerre, nous aidant à mieux comprendre les conditions de vie des soldats.

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album photo de la sortie