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Jean-Baptiste DROUET

Par admin dans la catégorie Actualité

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En septembre 1993, le collège de Sainte-Ménéhould choisit comme patronyme  » Jean-Baptiste DROUET « . Cette décision n’est pas anodine tant ce nom de Drouet est chargé de symboles.
Le 21 juin 1791, Drouet est maître de poste à Sainte-Ménéhould depuis deux ans. C’est un jeune bourgeois instruit âgé de 28 ans, marié et père de deux enfants. Rentrant des foins, il croit reconnaître la famille royale dans deux voitures qui échangent leurs chevaux à son relais de poste.
En fait, il s’agissait bien de Louis XVI, de la reine Marie-Antoinette et de leur entourage quittant la France afin de rejoindre aux frontières des troupes qui permettraient la reconquête du royaume et la restauration d’un pouvoir absolu. La municipalité alertée par des rumeurs, confortée par les renseignements de Drouet, décide par délibération d’arrêter la fuite du roi et charge Drouet de cette mission.
Pourquoi Drouet ? Parce qu’il est robuste, bon cavalier connu pour son goût de l’égalité, de la justice et son esprit de décision.
Parti une heure après la berline royale, il la rejoint à Varennes. Il avertit la municipalité du bourg et la garde nationale. Son rôle décisif va permettre d’arrêter la fuite du roi, vite démasqué. Mais là ne s’arrête pas la vie publique de Drouet.
Le 24 juin, il est accueilli par la municipalité de Paris, présenté à l’Assemblée Nationale où il sera fêté, glorifié et récompensé.
Un an plus tard, à la tête de la garde nationale, il s’oppose à l’envahisseur prussien en Argonne alors que se déroule la bataille de Valmy.
Il est élu député de la Marne à la Convention Nationale. Alors, pour Drouet commence une vie intense, souvent périlleuse, parfois rocambolesque.
En 1792, il vote la mort de Louis XVI.
En 1793, il est fait prisonnier au siège de Maubeuge.
Transféré en Moravie (aujourd’hui Slovaquie) à Brno, il essaie de s’évader  » en parachute « .
Un an plus tard, il sera échangé contre la fille aînée de Louis XVI.
On le retrouve en 1796, adhérent à la théorie des égaux de Baboeuf, puis le 9 germinal, an VIII (30 mars 1800), premier sous-préfet de Sainte-Ménéhould. Il se montre un administrateur remarquable, développant une agriculture novatrice, réorganisant l’enseignement, maintenant ici plus qu’ailleurs l’esprit de la Révolution.
Il rencontre en 1807 Napoléon sur le site de Valmy.
L’empereur retire de sa tunique sa légion d’honneur, l’épingle sur la poitrine de Drouet et lui dit :
 » Monsieur Drouet, vous avez changé la face du monde « .
La fin de sa vie fut moins glorieuse.
Député à la Chambre des Cent-jours, il doit se cacher après Waterloo, poursuivi par toutes les polices.
Il vivra sous un nom d’emprunt et finira ses jours à Mâcon le 10 avril 1824.

 

Nos élèves ont beaucoup à apprendre de Jean-Baptiste Drouet, homme volontaire, déterminé, novateur, qui, par son geste courageux a annoncé l’avènement de la République qui allait répandre dans le monde entier l’aspiration à la démocratie.